De la maternité à la néonatologie accompagner la mère et l’enfant à l’Hôpital ANAIM Kamsar
Suivi de grossesse, accouchement, urgences pédiatriques et soins aux nouveau-nés forment un parcours qui mobilise plusieurs équipes à l’Hôpital ANAIM Kamsar. L’organisation des services, le renforcement des compétences et le partenariat avec l’ONG Souffle de Vie accompagnent une activité importante au service des familles de la région.
Pour une famille, la naissance d’un enfant peut nécessiter plusieurs types d’accompagnement. Le suivi de la grossesse commence en consultation ; l’accouchement mobilise la maternité ; certains nouveau-nés ont ensuite besoin de soins spécialisés. À l’Hôpital ANAIM Kamsar, les professionnels rencontrés pendant l’immersion décrivent ce travail de continuité entre les services.
Le Dr Abdoulaye Mamadou CAMARA, responsable de la maternité, situe le début de ce parcours au niveau de la Santé maternelle et infantile, la SMI. Les consultations s’accompagnent de causeries éducatives et d’actions de prévention. Lorsqu’une situation nécessite un avis médical ou une prise en charge particulière, la patiente est orientée vers l’équipe compétente.
Une prise en charge qui mobilise plusieurs services
La maternité travaille avec l’anesthésie, le laboratoire, la chirurgie et la réanimation. Le Dr CAMARA souligne l’importance de cette proximité dans la réponse aux urgences. L’organisation doit permettre aux équipes de mobiliser les moyens nécessaires selon l’état de la mère et de l’enfant.
Le Médecin-chef, le Dr Amadou TRAORÉ, relève également l’introduction de l’analgésie péridurale à la maternité. Cette évolution enrichit les possibilités d’accompagnement proposées par les équipes. Elle s’inscrit dans un ensemble de changements touchant les pratiques et les équipements.
L’activité de maternité illustre l’ouverture de l’hôpital aux communautés. Les responsables rencontrés évoquent la venue de patientes de Kamsar et d’autres localités de la région. La réponse à leurs besoins implique aussi l’accueil, l’orientation et la coordination entre les professionnels, tout au long du parcours.
Des unités adaptées aux besoins des enfants
Le Dr Macka DIABY, pédiatre spécialisé en néonatologie et chef du service de pédiatrie, présente une organisation en trois unités : les urgences pédiatriques, la pédiatrie générale et la néonatologie. Le service dispose, selon lui, de 54 lits et réalise près de 16 000 consultations par an.
La séparation des urgences pédiatriques et des urgences adultes a permis de proposer aux enfants une prise en charge dédiée. Le Dr Marie Elisabeth EJASI, pédiatre et responsable médico-interne, en souligne l’intérêt : « Les urgences pédiatriques ont permis d’améliorer la qualité de la prise en charge des enfants. » Elle explique que les jeunes patients peuvent ainsi être accueillis directement par des professionnels spécialisés.
Pour le premier semestre 2026, le Dr DIABY fait état de près de 5 000 consultations aux urgences pédiatriques. Ce volume donne une mesure de l’activité de cette porte d’entrée du service. Derrière les consultations, les équipes assurent également les hospitalisations, la surveillance et l’accompagnement nutritionnel lorsque la situation le nécessite.
La néonatologie se renforce avec ses partenaires
L’unité de néonatologie dispose de 18 lits, selon le Dr DIABY. Elle reçoit notamment des nouveau-nés orientés par d’autres structures sanitaires de la région de Boké. Les professionnels y prennent en charge des situations qui exigent une surveillance et des soins adaptés dès les premiers jours de vie.
Le partenariat avec l’ONG suisse Souffle de Vie accompagne ce développement. Il porte sur les équipements et sur la formation. Le Dr Amadou TRAORÉ indique que près de 50 agents ont été formés à la réanimation néonatale grâce à cette coopération.
« L’ONG nous a non seulement dotés d’appareils, mais nous a aussi formés, notamment sur la prise en charge de l’hyperbilirubinémie (la jaunisse) », explique le Dr EJASI. Les équipes décrivent notamment l’apport de la photothérapie dans la prise en charge de l’ictère du nouveau-né et l’utilisation de matériels facilitant le suivi de la bilirubine.
Ce travail associe les apports du partenaire à l’organisation interne du service. Le suivi des enfants repose sur les professionnels présents, la surveillance infirmière et les moyens mis à disposition par l’Administration de l’Hôpital et la Direction Générale de l’ANAIM.
Des progrès suivis et des besoins encore présents
Le Dr DIABY rapporte une évolution du taux de mortalité néonatale dans le service, de 27,9 % au premier semestre 2025 à 23,4 % au premier semestre 2026. Cet indicateur hospitalier concerne les nouveau-nés pris en charge dans l’unité ; il ne décrit pas la mortalité de l’ensemble des nouveau-nés de la région.
Le chef du service relève aussi la persistance de besoins, notamment pour les situations de détresse respiratoire. Un projet de soutien respiratoire est envisagé avec Souffle de Vie. La poursuite de l’amélioration des soins passe ainsi par l’équipement, les compétences et l’adaptation des capacités d’accueil.
Le Médecin-chef souhaite également rapprocher davantage la maternité, la néonatologie et la pédiatrie générale dans les projets de réorganisation. Cette perspective rejoint le fil conducteur du travail présenté pendant l’immersion : accompagner la mère et l’enfant dans un parcours où les équipes peuvent se coordonner et répondre aux besoins qui se présentent.
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