À Kamsar la chirurgie mini-invasive fait évoluer la prise en charge des patients
À l’Hôpital ANAIM Kamsar, la cœliochirurgie et les techniques mini-invasives occupent une place croissante dans l’activité chirurgicale. Les entretiens menés avec les praticiens montrent ce que ces approches changent pour les patients, mais aussi l’importance de l’anesthésie, de la stérilisation, de la maintenance et de la formation.
Un patient avait déjà été opéré d’une hernie inguinale dans une autre structure, puis la hernie est réapparue. Pour cette nouvelle intervention, le Dr Emmanuel ODET a choisi une approche par cœlioscopie. Dans l’entretien réalisé au bloc opératoire pendant l’immersion, le chirurgien explique que cette technique permettait d’aborder des plans qui n’avaient pas été touchés lors de la précédente opération.
« L’intervention s’est remarquablement bien passée », rapporte-t-il à propos de ce cas. Son récit rend concrète une évolution parfois difficile à saisir à travers le seul nom d’un équipement : une caméra et des instruments adaptés permettent d’intervenir par de petites incisions, en fonction de l’indication retenue par le chirurgien.
Une autre manière d’aborder certaines interventions
Le Dr ODET présente la chirurgie mini-invasive comme l’un des axes majeurs de son travail à Kamsar. À travers de petits dispositifs appelés trocarts, les instruments et la caméra sont introduits pour permettre l’intervention. L’objectif est de limiter l’ouverture nécessaire pour accéder à la zone à traiter.
Le chirurgien décrit des applications en chirurgie abdominale, notamment pour certaines hernies et certaines interventions digestives. Il souligne les bénéfices observés dans les suites opératoires de ses patients, en particulier sur la douleur et le retour aux activités. Le choix de la technique reste lié à la pathologie et à la situation de chaque personne ; les suites d’une intervention ne sont donc pas identiques pour tous.
Le service développe également des approches mini-invasives en proctologie, qui concerne les affections de la région anale et du rectum. Ces pratiques élargissent les possibilités thérapeutiques proposées au sein de l’hôpital. Pour le Médecin-chef, le Dr Amadou TRAORÉ, la relance de la cœliochirurgie fait partie des avancées médicales importantes de l’établissement.
Autour du geste opératoire une équipe et une organisation
L’acte chirurgical s’inscrit dans une chaîne de soins. Le Dr Christian Cheick CAMARA, anesthésiste-réanimateur et chef du département médico-chirurgical, décrit l’apport des nouveaux équipements d’anesthésie et de stérilisation. Ils accompagnent le travail du bloc et l’évolution des interventions proposées.
Le Dr Mamadie CAMARA évoque notamment les respirateurs d’anesthésie et les vidéo-laryngoscopes mis à disposition. Ces derniers facilitent la visualisation lors de l’intubation, une étape de certaines prises en charge anesthésiques. À travers ces témoignages, l’évolution du bloc apparaît comme un effort collectif qui concerne plusieurs métiers.
La stérilisation tient une place centrale dans cette organisation. L’hôpital s’est doté d’un autoclave de 500 litres. Cette capacité permet de traiter un volume important d’instruments et accompagne les exigences de préparation du matériel chirurgical.
Ces acquisitions, portées par la Direction Générale de l’ANAIM avec l’Administration de l’Hôpital et ses partenaires, renforcent les moyens disponibles. Leur fonctionnement quotidien repose ensuite sur les utilisateurs, les protocoles de service et le suivi technique des appareils.
Entretenir les équipements et transmettre les compétences
Fodé CONDÉ, responsable de la maintenance, insiste sur le suivi des équipements dès leur installation et leur mise en service. Son équipe organise des contrôles périodiques et des interventions préventives ou curatives, en s’appuyant sur les recommandations des fabricants. La disponibilité du matériel dépend de cette attention régulière.
Le développement des techniques opératoires s’accompagne également d’un travail de formation. Le Dr ODET décrit l’apprentissage de la cœlioscopie par un chirurgien guinéen, avec l’appui de l’ANAIM et une collaboration avec des responsables de la chirurgie à Conakry. « Le but est de transmettre l’expérience et, par la suite, de lui faire passer des diplômes », explique-t-il.
Cette transmission donne une perspective durable au renforcement du plateau technique. Elle permet de faire progresser les compétences présentes dans l’établissement et de préparer la poursuite de l’activité. Le rôle des personnels infirmiers du bloc participe lui aussi à cette continuité.
Faire connaître les possibilités de prise en charge
Pour le Dr ODET, l’information du public est importante. Il encourage les personnes concernées à consulter suffisamment tôt, afin que leur situation puisse être évaluée et les possibilités thérapeutiques discutées. L’immersion permet précisément de faire connaître ces pratiques au-delà des patients déjà suivis dans le service.
À l’hôpital ANAIM Kamsar, la chirurgie mini-invasive se comprend donc à travers des situations de soins, des équipements et des professionnels qui travaillent ensemble. Son développement illustre la manière dont les investissements de la Direction Générale de l’ANAIM peuvent accompagner une évolution de la pratique médicale. Pour le patient, la question reste concrète : quelle prise en charge l’équipe peut-elle lui proposer, ici, en fonction de son besoin ?
© Département Communication et Relations Publiques